La diplomatie à l’ère des recompositions géopolitiques
Sur les traces d’ Alexandre Carathéodory
Coordination scientifique
Professeur
Georges Prévélakis
Sous le haut patronage

de Sa Toute-Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée Ier de Constantinople



À la fin du XIXe siècle, la deuxième révolution industrielle et la montée des nationalismes ont remis en cause l'ordre européen post-napoléonien. L'hégémonie mondiale britannique fut menacée par l'ascension de l'Allemagne — comme aujourd'hui l'hégémonie américaine l'est par la Chine. Dans ce contexte se distingue Alexandre Carathéodory. Chef de la délégation ottomane au Congrès de Berlin (1878), il a vécu de l'intérieur les tensions géopolitiques et diplomatiques qui annonçaient la Première Guerre mondiale et la fin des Empires. Les sixièmes Dialogues franco-helléniques appliqués rendent hommage à la personnalité d'Alexandre Carathéodory, éminent membre d'une importante famille phanariote. La référence à son action offre des éléments d'inspiration pour notre époque. Comme alors, une diplomatie compétente et inspirée peut atténuer les tensions et prévenir des évolutions néfastes. Face aux approches technocratiques, la compréhension de l'histoire et de la géographie - c'est-à-dire une approche géopolitique - peut soutenir l'action diplomatique.
Sous l'effet des grandes recompositions géo-économiques, le système mis en place après la Seconde Guerre mondiale pour éviter de nouvelles catastrophes mondiales est ébranlé. La mondialisation a accru la richesse mondiale et réduit les inégalités, mais elle a également modifié les équilibres économiques et contribué aux «polycrises», dont la crise environnementale. Au lieu de l'homogénéisation culturelle annoncée, les populations recherchent leur identité. Les illusions de la «fin de l'Histoire» s'effondrent. La guerre revient, plus menaçante encore en raison des mutations technologiques. Au lieu de la liberté, les peuples recherchent désormais la sécurité. La puissance s'impose au droit international. Après une phase d'intégration spectaculaire, le monde se referme et érige des barrières. Le pendule de l'histoire change de direction.
Si l'on s'accorde sur le fait que nous vivons la fin d'une époque, la forme du nouvel «ordre mondial» reste floue. Allons-nous vers une fragmentation, une mondialisation multiple, une opposition entre l'Occident et le « Sud global », ou vers une anarchie généralisée ? Quels seront les nouveaux pôles et quelles régions vont-ils contenir ? Jusqu’à l’émergence d'un nouvel équilibre, l'humanité traversera une période dangereuse. Comme l’écrivait Antonio Gramsci, dans l'intervalle entre l'ancien et le nouveau apparaissent « une grande variété de phénomènes morbides ». Plus que jamais, les organisations internationales, le droit international et la diplomatie sont nécessaires - et plus que jamais contestés.
Ce colloque vise l’échange d'idées, la comparaison des perspectives et la réflexion sur l'adaptation de la diplomatie et des organisations internationales aux nouvelles conditions. Cette nouvelle rencontre se veut une contribution à l’approfondissement stratégique de la relation franco-hellénique, récemment confirmée et renforcée lors de la visite du président Emmanuel Macron en Grèce.
Comité d’organisation
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Geroulanou Nada
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Geroulanos Stefanos
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Giannakidou Angela
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Kalanzis Panagis
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Papadaki Maria
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Syrigos Angelos
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Xyla Katerina
09:30
10:00
Introduction
Georges Prévélakis,
Professeur émérite de géopolitique, Université Panthéon-Sorbonne, coordinateur scientifique du colloque
10:00
12:00
Première séance: Le Congrès de Berlin, la diplomatie ottomane et Alexandre Carathéodory
Président:
Dimitri Avramopoulos, Député, ancien ministre, vice-Premier ministre et commissaire européen
Intervenants:
Stefanos Geroulanos, Professeur de chirurgie à l’Université de Zurich, ancien Professeur d’histoire de la médecine, Université de Ioannina, Président de l'Association «Héritage de la famille Carathéodory»
Stratos Dordanas, Professeur associé d'histoire, Université Aristote de Thessalonique
Engin Soysal, Ambassadeur honoraire
12:00
12:15
Pause café
12:15
13:15
Discours d'ouverture des officiels et organisateurs
09:00
09:15
Accueil de l’intervenant et mot d’introduction:
Takis Pikrammenos, ancien Président du Conseil d’État, ancien Premier ministre
09:15
09:45
Key note speech:
Herman van Rompuy, ancien Président du Conseil européen
Discours PrincipalDiscours Principal
Herman van Rompuy, ancien Président du Conseil européen
C'est un cliché que de dire que nous vivons à une époque de changement, voire de bouleversements. Après tout, les enjeux sont bien plus importants, en tout cas pour l'UE. Ils sont existentielles.
Je vais vous parler de ces menaces existentielles, de la pertinence de l'UE, de l'indépendance de l'Union et de notre démocratie.
1. Nous vivons une époque de menaces existentielles. C’est tout ou rien, la vie ou la mort, au sens propre comme au figuré.
La crise de l’euro portait sur la survie de la zone euro et, par conséquent, de l’Union elle-même. Après tout, cette dernière ne survivrait pas à un retour aux monnaies nationales dans des circonstances chaotiques. Depuis fin 2012, l’euro est une monnaie stable et forte, voire trop forte, certainement face au dollar dont la valeur a qui a baissé de 10% au cours des douze derniers mois. La stabilité actuelle de l’euro ne signifie pas que des problèmes ne peuvent pas surgir à l’avenir. Quoi qu’il en soit, l’euro est attractif pour les investisseurs et pour les pays de l’Union n’appartenant pas à la zone euro. Après tout, la Bulgarie a rejoint le club il y a quelques mois. Nous sommes désormais 21 pays, contre 12 au départ.La crise des réfugiés, au cours de laquelle 1,5 million de personnes venues du Moyen-Orient sont arrivés dans plusieurs pays européens en l’espace de quelques semaines en 2015, aurait créé une situation intenable, tant sur le plan social que politique, si ce flux n’avait pas été stoppé par l’accord conclu entre l’UE et la Turquie. Après tout, la générosité initiale de nos concitoyens s’est rapidement transformée en peur lorsque beaucoup ont réalisé que des millions d’autres pourraient être en route. Le populisme et l’extrémisme auraient connu un essor incroyable sans cet accord. Le Brexit est en partie le résultat d’un réflexe de peur déclenché par l’afflux de réfugiés sur le continent. Beaucoup de Britanniques pensaient qu'ils vivraient cela eux aussi.
Le Brexit lui-même est toutefois devenu un problème plus existentiel pour les Britanniques eux-mêmes que pour l’UE-27.
La guerre en Ukraine est également existentielle pour l’Union. La Russie avait initialement l’intention de ramener l’ensemble de l’Ukraine sous domination russe. Après quelques semaines, elle a déjà été contrainte de se replier vers le Donbass, où elle n’a pratiquement pas progressé depuis quatre ans, malgré peut-être plus d’un million de victimes militaires russes. L’UE est le principal soutien de l’Ukraine, qui, espérons-le, deviendra un État membre dès que possible, surtout lorsque l’on constate la force de l’armée ukrainienne et son importance pour notre propre sécurité. Une annexion de l’Ukraine aurait poussé l’arrogance russe à l’extrême et ouvert la voie à une invasion similaire, principalement dans les trois États baltes. Même aujourd’hui, ce danger n’est pas écarté. Cela obligerait l’Union, également en vertu de l’article 42, paragraphe 7, du traité UE, à faire preuve de solidarité envers ses propres États membres. Je ne fais pas référence, pour l’instant, à l’article 5 du Traité de l’OTAN. Quoi qu’il en soit, les relations avec ce régime russe ne seront plus jamais « normalisées ».
L’année prochaine, l’Union se libérera une fois pour toutes des importations de pétrole et de gaz russes, même si cela implique un coût économique. Cette ère de dépendance ne reviendra jamais.
Nous devrons assumer une responsabilité bien plus grande pour notre propre sécurité. C’est pourquoi les États membres auront la possibilité de consacrer 1,5 % supplémentaire de leur PIB à la défense sans être automatiquement sanctionnés par la Commission. Si les dépenses de défense passent de 2 % à 3,5 % du PIB, cela représente 250 milliards d’euros supplémentaires par an, portant le total à 630 milliards d’euros. En outre, la Commission propose de mettre à disposition 150 milliards d’euros de prêts à faible taux d’intérêt pour des achats d’armement conjoints. Le programme a reçu un nom inhabituel pour l’UE : « ReArm Europe ». Inimaginable il y a encore quelques années ! Les dépenses militaires russes s’élèveraient aujourd’hui à 250 milliards d’euros un vrai fardeau pour une économie dont le PIB ne dépasse pas celle du Benelux (30 millions d’habitants).
Cependant, la quantité ne doit pas prendre le pas sur la qualité. Avant tout, nous devons dépenser beaucoup plus collectivement plutôt que de manière totalement fragmentée comme nous le faisons aujourd’hui. Les pertes d’efficacité dépassent 20 %. Nous devons également investir là où il existe des lacunes dans nos capacités militaires. Nous devons aussi examiner attentivement où nous investissons, en tenant compte de la guerre moderne telle qu’elle se déroule actuellement en Ukraine. En Ukraine, les drones ont permis au pays de résister à la Russie, son voisin bien plus grand et doté d'une puissance militaire conventionnelle bien supérieure, depuis quatre ans déjà. Pour les superpuissances du monde entier, envahir un petit pays est devenu plus dangereux que jamais.
L’objectif est de construire un pilier européen de l’OTAN. Quoi qu’il arrive à l’OTAN, cela nous permettra d’agir de manière beaucoup plus indépendante.
La raison la plus importante pour laquelle il faut traiter sérieusement et de toute urgence la demande d’adhésion de l’Ukraine n’est pas uniquement que l’Ukraine est victime d’une agression, mais qu’elle est devenue une formidable puissance européenne. La guerre a sans aucun doute causé d’immenses souffrances à l’Ukraine. Mais elle l’a également transformée, ainsi que ses arguments en faveur de l’adhésion à l’UE. L’Ukraine est désormais une puissance militaire importante dotée d’une industrie de défense considérable. Nous avons besoin d’eux tout comme ils ont besoin de nous.
Le défi économique auquel nous sommes confrontés pour rester compétitifs dans les secteurs traditionnels et dans les nouvelles technologies revêt aussi une importance vitale pour l’Union. Avant tout pour préserver notre prospérité et l’État-providence, mais aussi pour éviter une dépendance accrue vis-à-vis de la Chine et des États-Unis sur le plan économique et, par conséquent, politique. Nos coûts énergétiques pour le gaz sont quatre fois plus élevés qu’aux États-Unis, et pour l’électricité, ils sont deux fois plus élevés. Parmi les plus grandes entreprises numériques mondiales, il n’y en a qu’une seule européenne. Depuis plusieurs années, la croissance économique potentielle aux États-Unis est supérieure de plus d’un pour cent par an à celle de l’Union. Les investissements en capital dans le secteur de l’IA ont à eux seuls représentent presque la moitié de la croissance économique américaine en 2025 et très probablement en 2026. Le secteur de l’IA ne représente que 5% du PIB. Certes, cela montre une fracture au sein de l’économie américaine. L’autre partie de leur économie doit même être protégée par des droits de douane les plus élevés depuis le crise dex années trente. D’un autre côté, il est tout à fait naturel que les économies émergentes croissent plus vite que les économies matures telles que l’UE et les États-Unis.
L’économie américaine dispose d’un autre « avantage ». Elle n’a pas à s’inquiéter autant des déficits budgétaires et de la dette publique grâce à la position du dollar en tant que monnaie de référence. Ainsi, le déficit aux États-Unis s’élève à 7,5 % du PIB, contre 3 % dans la zone euro. Imaginez si nous pouvions dépenser 3,5 % de plus : une grande partie de nos problèmes serait résolue !
Nous avons surmonté l’« eurosclérose » des années 1970 en créant le marché unique imaginé par Jacques Delors. Pendant de nombreuses années par la suite, le PIB par habitant a progressé au même rythme des deux côtés de l’Atlantique. Une réponse similaire s’impose aujourd’hui. Le plan Draghi (septembre 2024) est clair : « plus d’Europe » en comblant le fossé en matière d’innovation, en réduisant la dépendance vis-à-vis des autres, en intégrant les marchés des capitaux, en augmentant la taille des entreprises, en abaissant les coûts énergétiques, en élargissant considérablement notre propre marché unique, en allégeant considérablement les charges réglementaires, etc. Bien sûr, il faut aussi une politique nationale forte – certainement en Allemagne, dont l’économie stagne depuis quelques années –, mais il faut une politique européenne tout aussi forte. Les récentes décisions du Conseil européen doivent être mises en œuvre. Nous savons ce que nous devons faire. Il suffit de le faire.
Je n’ai même pas mentionné la plus grande menace existentielle de toutes : le réchauffement climatique. C’est d’ailleurs sur notre continent que la hausse des températures est la plus forte au monde. Nous avons déjà remporté des succès. Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de plus d’un tiers ici depuis 1990, tandis que le PIB a doublé. Un découplage unique. Les énergies renouvelables représentent désormais la moitié de notre production d’électricité et, avec l’énergie nucléaire, jusqu’à 70 %. Nous devons aller plus loin.
La crise énergétique actuelle démontre clairement qu’il existe un lien profond entre la sécurité, l’autonomie européenne, la compétitivité et le climat. Le président américain, dépendant au pétrole ou à l’argent, a, par sa guerre contre l’Iran, involontairement démontré l’importance de l’énergie sans carbone. Espérons que cela mettra un frein au scepticisme climatique croissant au sein de l’UE.
En bref, les menaces sont existentielles. Les problèmes viennent généralement de l’extérieur, mais nous devons également défendre nos valeurs et notre identité en interne. Cependant un acquis important est qu’après le Brexit, personne n’a plus envie de nouvelles ‘exits’. De nombreux partisans du Brexit regrettent d’ailleurs aujourd’hui leur propre décision. Soit dit en passant, la zone euro fait de la sortie de l’union monétaire une question de vie ou de mort pour l’économie d’un pays. Des mesures irréversibles ont été prises ces dernières décennies en faveur de l’intégration européenne. Les populistes le savent. Ils peuvent toutefois compliquer la voie vers « plus d’Europe ». Or, cette intégration, cette coopération et cette indépendance européennes accrues sont vitales. Après tout, s’arrêter, c’est reculer.
Une menace existentielle touche également le cœur même de l’identité européenne : la démocratie.
La voie choisie par l’UE doit avant tout être une voie démocratique. C’est pourquoi il faut avant tout sauver, préserver et renforcer les démocraties nationales. Les Hongrois ont prouvé que le vent peut tourner. Nous devons promouvoir une culture du dialogue contre la culture de l’insulte qui prévaut sur de nombreuses plateformes de réseaux sociaux. La modération est le contraire de l’extrémisme. La démocratie, c’est le dialogue, la conversation.
Au niveau international également, la diplomatie est l’instrument approprié, et non la violence et la guerre d’agression. À quoi ont abouti les guerres de ces dernières décennies ? Quel problème ont-elles résolu ? Elles n’ont même pas été efficaces ! Le dialogue et la diplomatie sont des expressions de l’humanité. Permettez-moi de donner un exemple. En 2015, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que l’Allemagne et l’UE, ont conclu un accord avec l’Iran sur l’utilisation de l’énergie nucléaire. Cet accord a été dénoncé par Trump peu après son entrée en fonction en 2016. Il mène une guerre meurtrière dans le but de négocier, à terme, un accord nucléaire qui sera probablement plus faible que celui de 2015. La diplomatie et les sanctions ont mieux fonctionné, sans aucun coût humain.
2. Les citoyens perçoivent parfois la pertinence de l’Union plus clairement que les dirigeants.
La confiance dans l’UE est aujourd’hui à son plus haut niveau depuis 20 ans. Chez les jeunes, cette confiance atteint même 60 %. Pour l’euro, elle atteint 80 %. Beaucoup se rendent compte qu’un pays seul ne peut plus faire face aux grands problèmes de notre époque. C’est aussi simple que cela, et tout à fait juste. Les dirigeants sont plus réticents à s’engager vers une union de défense que ne le sont les citoyens. Selon le dernier Eurobaromètre, 73 % des Européens considèrent désormais l’Union comme une force stabilisatrice dans le monde, soit une hausse de 6 %, et 81 % soutiennent une politique commune de défense et de sécurité — un record historique. Contre toute attente, il existe un fossé entre les citoyens et les dirigeants sur la question de l’Europe. Beaucoup de ceux qui votent pour des partis populistes ne sont pas non plus contre l’Europe. Voter lors d’une élection ne signifie pas que l’on adhère à l’ensemble du programme d’un parti. Même les dirigeants politiques des partis extrémistes n’écoutent pas toujours leurs propres électeurs. Je le répète : même s’il ne devait plus y avoir de « exits, sorties », un statu quo sur la voie d’une « union toujours plus étroite » serait un désastre.
Les Européens ne veulent pas « rendre à l’Europe sa grandeur ». Les citoyens demandent que nos valeurs et nos intérêts soient défendus sur la scène mondiale et, plus précisément, ils veulent que nos intérêts soient mieux pris en compte dans le monde hypercompétitif et dangereux dans lequel nous vivons.
Mais personne ne souhaite revenir à une époque où les grandes puissances coloniales européennes régnaient sur le monde, comme ce fut le cas lors de la Conférence de Berlin de 1885, lorsque l’Afrique fut partagée entre elles. Les guerres européennes de Xxeme siècle étaient des guerres mondiales. Je ne parle même pas de ce qui s’est passé en 1494. Le monde était alors divisé entre l’Espagne et le Portugal par le traité de Tordesillas. Celui-ci traçait une ligne à travers l’océan Atlantique : tout ce qui se trouvait à l’ouest de cette ligne était attribué à l’Espagne (principalement les Amériques), et tout ce qui se trouvait à l’est au Portugal (l’Afrique, l’Asie et plus tard le Brésil) ! L’Europe jouait un rôle extrêmement important à l’époque, mais cela s’est soldé par une tragédie ! Aujourd’hui aussi, les États-Unis jouent un rôle de premier plan, mais ces derniers temps, ils ne contribuent pas à la paix et à la prospérité. Bien au contraire.
Ce rôle différent pour l’UE ne consiste pas tellement à reconnaître nos limites. Il s’agit de déterminer quel rôle positif nous souhaitons jouer afin que nos intérêts coïncident autant que possible avec l’intérêt mondial. Nous ne nous replions pas sur nous-mêmes. Tout comme les États membres de l’UE s’efforcent constamment d’aligner leurs propres intérêts nationaux sur l’intérêt européen général. Nous n’abandonnons pas simplement le multilatéralisme. Il est toutefois vrai que nous assumons désormais ce rôle avec moins de naïveté et moins d’illusions qu’il y a quelques années. En tant qu’économie ouverte, nous avons tout intérêt à ce que le commerce international fonctionne.
Nous voulons nous protéger contre la concurrence déloyale, mais sans recourir au protectionnisme généralisé. Protéger sans tomber dans le protectionnisme. L’internationalisme – le contraire du nationalisme – peut sembler idéaliste à certains, mais il est aussi dans notre intérêt, comme je viens de le dire. Là encore, il faut trouver un équilibre entre l’idéalisme éthique et le réalisme politique. Ce dernier est différent de la Realpolitik, qui est dépourvue de toute référence éthique. En fait, c’est du cynisme. Les guerres de ces dernières semaines et années nous ont appris encore plus clairement ce que cela signifie. C’est le « retour du tragique » dans l’histoire.
L’imprévisibilité et l’absence d’orientation morale et politique d’aujourd’hui illustrent le dicton français « On ne sait pas où on va mais on y va tout droit » !
L’Union européenne n’est pas une superpuissance comme la Chine ou les États-Unis, car la dimension militaire fait défaut dans notre cas aujourd’hui, bien que l’ importance du militaire soit souvent surestimée quand je pense aux guerres perdues au Vietnam, en Afghanistan et en Irak, ou aux victoires à la Pyrrhus et aux défaites diplomatiques qui ont suivi la supériorité militaire.
Mais quoi qu’il en soit, l’Union est géopolitiquement pertinente dans de nombreux autres domaines. Cependant, nous devons réapprendre à penser en termes géopolitiques. Nous le faisons bien trop peu au sein de l’Union aujourd’hui, même parmi les pays soi disant « plus grands ». Nous sommes trop préoccupés par ce qui se passe à l’intérieur de nos frontières nationales ou dans notre circonscription électorale !
Cette pertinence de lUnion ressort également de la longue liste des pays candidats. Le problème est que l’UE-27 est bien trop prudente. Ces réserves sont principalement motivées par des enjeux sectoriels au sein même des États membres. En conséquence, l’intérêt général européen est négligé. Pourtant, un certain nombre d’adhésions potentielles, comme celle de l’Ukraine bien sûr, revêtent même une importance géopolitique. Les sorties, les exits appartiennent au passé, surtout après la débâcle du Brexit. La zone euro continue de s’étendre. À la suite de l’invasion russe, l’OTAN a accueilli deux membres scandinaves. Maintenant que l’OTAN devient moins fiable, une Union européenne est d’autant plus importante. Les nouveaux membres de l’OTAN seront d’autant plus disposés à coopérer à cet égard.
L’UE est également pertinente en raison de ses accords commerciaux. Ces dernières années, nous avons conclu des « deals » avec le Vietnam, le Japon, la Corée, Singapour, le Mexique, le Mercosur, le Canada, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Australie et bien d’autres. Nous sommes toujours en négociation avec l’Indonésie. En Afrique, nous avons des accords commerciaux avec presque tous les pays (Accord de partenariat européen ou « Tout sauf les armes »), et 14 pays appartiennent même de facto à la zone euro.
Aucun pays européen n’est capable d’accomplir tout cela seul. Mais là encore, on observe des hésitations à conclure de nouveaux accords de libre-échange, car les intérêts sectoriels nationaux priment parfois. L’accord avec le Mercosur revêt une importance géopolitique.
On cite parfois la position européenne envers le Moyen-Orient comme exemple d’un manque de pertinence géopolitique. Ironiquement, je dirais que les États-Unis sont bel et bien pertinents, mais dans un sens négatif : d’abord avec la deuxième guerre contre l’Irak, qui a déstabilisé toute la région et a indirectement fourni un nouveau terreau fertile au terrorisme, et maintenant à travers la guerre contre l’Iran. J’ajouterais que la Chine et la Russie ne jouent pas un rôle majeur dans ce dernier conflit, bien que la Chine en subisse certainement les conséquences économiques de manière indirecte.
La Russie a soutenu le régime barbare d’Assad pendant dix ans, jusqu’à ce qu’il soit contraint de fuir le pays et devienne un réfugié politique à Moscou ! Pourtant, personne ne reproche à ces deux pays leur manque de pertinence au Moyen-Orient ! L’Europe était pertinente au Moyen-Orient pendant l’ère coloniale, jusqu’à la débâcle humiliante de l’opération de Suez menée par la France et le Royaume-Uni en 1956. Heureusement, cette époque est révolue.
La division, certainement en ce qui concerne tout ce qui touche à Israël, remonte naturellement à l’Holocauste et à son impact moral et politique sur l’Allemagne et d’autres pays. Cette division existe depuis des décennies.
3. Plus nous, en tant qu’UE, sommes dépendants d’autres acteurs mondiaux « pertinents », plus nous devons nous libérer de cette dépendance excessive et devenir plus indépendants. Cette prise de conscience s’est considérablement renforcée ces dernières années.
Lorsque la France a lancé le concept d’« autonomie stratégique » il y a dix ans, celui-ci a été accueilli avec une grande méfiance, notamment par les pays du nord. Ils craignaient que cela n’entraîne des coûts économiques importants, en particulier vis-à-vis de la Chine, qui constituait un marché d’exportation majeur pour l’Allemagne. La mentalité dominante dans ces pays était avant tout la suivante : se concentrer sur l’économie et éviter la politique. L’indépendance stratégique est un concept politique. Néanmoins peu à peu, même le terme « autonomie stratégique » a été remplacé au sein de l’UE par « indépendance stratégique », et aujourd’hui, le mot « stratégique » a lui aussi souvent disparu. Le sentiment dominant aujourd’hui est que nous devons prendre notre destin beaucoup plus en main. Dès 1951, le premier traité CECA parlait d’un « destin commun ». Cela est plus vrai que jamais.
Le monde est en proie à des révolutions numériques et technologiques, mais ce sont surtout les décisions politiques qui dominent désormais, telles que les guerres tarifaires, le Brexit et les conflits militaires. La politique reprend le dessus, bien que dans un sens négatif.
J’ajouterais qu’en même temps, nous assistons à une concentration sans précédent du pouvoir économique entre les mains de quelques individus et/ou entreprises privées, en particulier dans le secteur numérique et celui de l’IA. Ce pouvoir s’étend au domaine culturel (sur ce que les gens pensent et ressentent) mais aussi sur le plan militaire (le Starlink de Musk), et dans des secteurs tels que l’exploration spatiale où, jusqu’à récemment, seuls les gouvernements étaient actifs. D’une manière générale, on observe une concentration énorme du pouvoir politique et économique à l’échelle mondiale, sauf dans l’UE ! Jamais auparavant l’élite n’avait été aussi restreinte et aussi puissante ! Un véritable paradoxe dans la lutte des populistes trumpistes contre les élites. Cette concentration ouvre la porte à l’arbitraire, à l’instabilité, à la corruption et est tout simplement dangereuse.
L’UE est critiquée pour être trop régulatrice, mais c’est précisément à cause de cela qu’elle fait contrepoids aux oligarques de la tech, par exemple à travers la DSA, la DMA ou l’AI Act. L’UE ne laisse pas simplement ces gens faire ce qu’ils veulent. Ce n’est pas un hasard s’ils détestent l’UE, soutenus par leurs hommes de main politiques au sein du gouvernement américain.
Divers facteurs ont contribué à cette nouvelle prise de conscience d’une inévitable plus grande indépendance européenne :
- la saga des masques que nous avons été contraints d’acheter à la Chine, où la pandémie avait d’ailleurs commencé ;
- l’invasion russe de février 2022 ;
- le chantage de la Russie avec son pétrole et son gaz et la réponse immédiate de l’UE pour mettre fin aux importations d’énergie russe bon marché aussi vite que possible, même au détriment de notre position concurrentielle ;
- l’imposition unilatérale de droits de douane par Trump et la menace d’annexion du Groenland, qui ont provoqué une onde de choc dans l’UE et marqué un tournant dans les relations transatlantiques ;
- les doutes quant à la solidarité américaine au titre de l’article 5 du Traité de l’OTAN ;
- la politique de facto pro-russe de Trump vis-à-vis de l’Ukraine, alors même que cette guerre revêt une importance existentielle pour l’UE ;
- la concurrence déloyale trop fréquente de la Chine, qui a triplé le déficit commercial en dix ans pour le porter à un niveau insoutenable de plus de 300 milliards d’euros ;
Dans le monde d’aujourd’hui, nous sommes davantage livrés à nous-mêmes, mais cela vaut également pour les États-Unis et la Chine, même si, dans leur cas il s’agit d’un acte délibéré. Avec les États-Unis de Trump, la question se pose : partageons-nous encore des valeurs ou des intérêts communs ? Pour plus d’un tiers d’Europeens, les États-Unis constituent une menace, encore plus grande que la Chine. Tout cela pourrait changer avec une nouvelle administration aux États-Unis, mais le retour à l’ancienne « communauté de vues » n’est pas certain. «America first» continuera d’exister sous une forme ou une autre. Le monde d’hier ne reviendra pas, même si j’attends avec impatience une victoire démocrate en novembre. Mais la rupture avec le régime actuel est, comme mentionné, également idéologique aujourd’hui : la guerre culturelle contre l’égalité, la liberté et la démocratie est l’antithèse du courant dominant en Europe.
L’UE n’est pas en danger, mais l’Occident l’est si cela continue.
L'UE peut défendre les valeurs que l'on peut qualifier d'occidentales, mais qui sont universelles, dans le cadre de nouvelles configurations plus larges à l'échelle mondiale qui rassemblent des pays partageant les mêmes idées et en quelques sorte des intérêts communs. Elle peut même en être le moteur. Le G7 était l'une de ces groupement, avec des participants tels que les pays européens, l'UE en tant que telle, le Japon et le Canada. Ce groupe peut être élargi.
Je reviens à l’indépendance et l’ unilateralisme économiques. Nous devons relativiser l’impact des dernières turbulences. Après tout, le commerce mondial continue de croître et dépassera même en 2025 les niveaux de l’année précédente malgré la forte hausse des droits de douane américains à l’importation, bien que cette croissance soit plus marquée dans les services (en particulier dans l’IA) que dans les biens, qu’elle soit plus fragmentée et qu’elle s’observe moins entre les pays présentant des divergences politiques (considérez le déclin des échanges entre les États-Unis et la Chine, même sous Biden), avec des chaînes d’approvisionnement plus fragiles. Nous ne sommes pas dans une période de déglobalisation économique, mais l’âge d’or de la mondialisation est révolu. Les causes en sont politiques. Nous vivons moins dans une politique économique normale que sous le régime de l’économie politique.
Rien de tout cela n’empêche la connectivité mondiale de se poursuivre dans d’autres domaines, notamment le tourisme, le sport, la musique, les arts en général, le cinéma, les loisirs, les jeux vidéo, etc. La mondialisation économique n’est qu’une partie de l’histoire.
L’UE devra, en tout état de cause, tracer sa propre voie. Il faut un plus grand consensus à ce sujet. La perspective de gouvernements populistes en France et en Pologne n’aide pas à cet égard. Qui vivra, verra.
Heureusement, il y a eu un « changement de régime » en Hongrie. Cela a montré comment le régime s’est effondré à cause de la corruption engendrée par une concentration du pouvoir et de l’argent. La corruption conduit toujours au déclin économique. « C’est l’économie, idiot ».
Aujourd’hui, il y a en réalité plus d’unanimité qu’on ne le laisse généralement entendre. Prenons le renouvellement semestriel des 20 paquets de sanctions contre la Russie, le prêt majeur de 90 milliards d’euros à l’Ukraine et le programme SAFE. Un consensus là où c’est possible, mais des « coalitions de volontaires » là où c’est nécessaire. Un certain nombre d’initiatives viennent s’ajouter à celles qui existaient déjà (zone euro, espace Schengen).
J’ai déjà évoqué la compétitivité et la défense comme instruments de l’indépendance européenne. 4. Tout cela exige du leadership. Il ne doit pas y avoir de « déficit de leadership ».
Le courage politique nécessaire à cet effet fait souvent défaut parmi les nombreux gouvernements faibles de l’Union, en raison de la fragmentation du paysage politique et de la volatilité du comportement des électeurs. Les partis politiques devenant plus petits, ont tendance à se montrer plus réticents à prendre des risques.
Même les grands pays de l’UE ne sont pas à l’abri des gouvernements minoritaires. Le moteur franco-allemand ne fonctionne plus car toute l’attention est concentrée sur la survie nationale. L’UE est la somme de ses États membres, avec toutes les conséquences que cela implique. Comment l’UE peut-elle être forte si les États membres sont faibles ?
Cette fragmentation découle de l’individualisation de nos sociétés. C’est devenu un phénomène de civilisation à l’échelle mondiale. Nous n’avons pas le temps d’approfondir cette question ici. Mais nous avons besoin d’un nouveau sens de la communauté, de l’intérêt général qui prime sur les intérêts individuels et privés, ainsi que d’une nouvelle valorisation du dialogue et de l’écoute. C’est une question de valeurs. Il existe sans aucun doute un vide spirituel et philosophique pour lequel Gustave Flaubert a trouvé une analogie dans la Rome antique : « Les dieux n’étaient plus, et le Christ n’était pas encore ; et il y eut, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l’homme seul existait. » »
Souvent, l’Union parvient à se ressaisir malgré tout face à une crise aiguë. Au niveau national aussi, on on est plus courageux en période de crise, quand on est le dos au mur! La crise permanente dans laquelle nous sommes depuis 2008 ne suffit pas. Si le choc énergétique actuel devait persister longtemps, nous nous retrouverions dans une crise si aiguë qu’elle devrait inciter à faire preuve d’une plus grande détermination en matière de compétitivité et d’électrification !
J’ajouterais une dernière réflexion : le processus décisionnel européen est certes lent, mais il offre au moins une certaine stabilité. Aujourd’hui, les décisions en Amérique sont prises rapidement, mais elles sont souvent perturbatrices. Malgré tous les problèmes, je préfère vivre en Europe plutôt que sur d’autres continents. Notre démocratie politique, 75 ans de paix, l’État-providence, notre politique climatique et notre humanité méritent d’être défendues et préservées. Le monde a besoin de l’être humain apollinien et d’une civilisation axée sur la raison, l’équilibre, la modération et la fraternité. Aujourd’hui, c’est la civilisation dionysiaque qui domine, conduisant au chaos, à la violence et à la guerre. Avec cette dernière, le déclin est inévitable.
Je sais qu’il ne suffit pas d’être une superpuissance géopolitique en termes de mode de vie, mais cela vaut tout de même la peine d’essayer. Cela contraste fortement avec la brutalité, le manque d’empathie et de compassion, le langage empreint de cruauté et de ressentiment, la cruauté et l’anarchie dans lesquelles nous sommes tombés. En ce sens, l’Union est également un phare de stabilité et d’humanité dans le monde dangereux dans lequel nous vivons.
09:45
11:15
Deuxième séance: Terre et mer. Quelle organisation du monde?
Président: Andréas Andrianopoulos, ancien ministre, universitaire
Intervenants:
Léonidas Dimitriadis-Evgenidis, Président de la Fondation Eugenides, Ambassadeur de bonne volonté maritime de l’OMI en Grèce
Manos Karagiannis, Professeur de relations internationales, Université de Macédoine
André Louchet, Professeur émérite de géographie des mers et des océans, Sorbonne Université
11:15
11:30
Pause café
11:30
13:00
Troisième séance: Le monde face à l’Occident
Président: Asteris Houliaras, Professeur de politique comparée et de relations internationales, Université du Péloponnèse
Intervenants:
Gérard-François Dumont, Professeur émérite de démographie et de géopolitique, Sorbonne Université
Mario Pezzini, ancien directeur du Centre de développement de l’OCDE
Kostas Yfantis, Professeur de relations internationales à l'Université Panteion
16:00
17:30
Quatrième séance: L’avenir des organisations internationales
Président: Stelios Perrakis, Professeur émérite, Université Panteion, ancien ambassadeur
Intervenants:
Diana Chigas, , Professeure de négociations internationales et de résolution des conflits, Tufts University
Gérard-François Dumont, Professeur émérite de démographie et de géopolitique, Sorbonne Université
Ioannis Golias, Administrateur de la Fondation Eugenides, ancien recteur de l’École Polytechnique Nationale d’Athènes (E.M.P.)
Evanthis Hatzivassiliou, Professeur d’histoire contemporaine, Université nationale et capodistrienne
17:30
19:00
Cinquième séance: La diplomatie aujourd'hui
Président: Ekaterini Sakellaropoulou, ancienne Présidente du Conseil d’État, ancienne Présidente de la République hellénique
Intervenants:
Anastasios-Ioannis Metaxas, Professeur émérite, Université d’Athènes
Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail, ancienne ambassadrice
Angelos Syrigos, Député, Professeur de droit international et de politique étrangère, Université Panteion
Yiannis Valinakis, Professeur de relations internationales, ancien vice-ministre des Affaires étrangères
19:00
19:15
Pause café
19:15
20:15
Table ronde
Président: Georges Prévélakis
Participants:
Andréas Andrianopoulos, ancien ministre, universitaire
Asteris Houliaras, Professeur de politique comparée et de relations internationales, Université du Péloponnèse
Stelios Perrakis, Professeur émérite, Université Panteion, ancien ambassadeur
Ekaterini Sakellaropoulou, ancienne Présidente du Conseil d’État, ancienne Présidente de la République hellénique
20:15
20:30
Clôture
Stefanos Geroulanos, Professeur de chirurgie à l’Université de Zurich, ancien Professeur d’histoire de la médecine, Université de Ioannina, Président de l'Association «Héritage de la famille Carathéodory»
Panagis Kalantzis, In Session Events
Présidents et intervenants

Georges Prévélakis

Diana Chigas

Gérard-François Dumont

André Louchet




Dimitri Avramopoulos


Yiannis Valinakis

Stefanos Geroulanos

Ioannis Golias




Anastasios-Ioannis Metaxas



Ekaterini Sakellaropoulou

Angelos Syrigos


Evanthis Hatzivassiliou

Asteris Houliaras
André Louchet
André Louchet, Agrégé de l’Université, Docteur d’État ès Lettres, est Professeur émérite de Géographie à l’Université de Paris Sorbonne.
Ses recherches académiques ont porté sur les bordures de l’Océan Indien (Ceylan , Inde du Sud, Maldives) et du lien entre géophysique et géomorphologie.
Il a été auteur de “La planète Mars, description géographique” dans la Collection Recherches en Géographie (éditions Masson, 1988), de “La planète océane, précis de géographie maritime”, (Collection U, Armand Colin , 2009, 2014), de “Les océans : bilan et perspectives”, Collection Cursus, Armand Colin (2013, 2015), et de l’ “Atlas des mers et des Océans”, éditions Autrement, Paris, (2015), ainsi que de nombreuses publications portant sur la télédétection et l’imagerie aérospatiale, la planétologie, la géomorphologie de l’Asie du Sud, et le couplage océan-atmosphère. Membre du jury du CAPES, et examinateur au concours d’entrée à l’Ecole Militaire de Saint Cyr-Coëtquidan, il a également enseigné la géographie maritime à l’École navale depuis 1993 . Il est Capitaine de Corvette (CR)
Diana V. Chigas
Diana Chigas is Professor of the Practice of International Negotiation and Conflict Resolution at the Fletcher School and Co-Director of the Corruption, Justice and Legitimacy Program (CJL) which seeks to develop more effective strategies to address corruption in conflict prevention and peacebuilding processes and make anti-corruption tools more conflict-sensitive. Diana has over 30 years’ experience as a facilitator and consultant in international political negotiation, conflict resolution, and peacebuilding. She has worked with the OSCE, OECD and the UN on preventive diplomacy and peacebuilding effectiveness, facilitated “track two” discussions in Cyprus, El Salvador, South Africa, Ecuador and Peru and Georgia/South Ossetia. As co-director of Reflecting on Peace Practice Program at CDA from 2001-2016, she worked with governmental and non-governmental organizations on systemic conflict analysis, strategic planning, reflection and evaluation to improve the impact of peace programming and conflict sensitivity of humanitarian and development assistance in Kosovo, North Macedonia, Kenya, Liberia, and Burundi. Diana received her JD from Harvard Law School and MALD from the Fletcher School at Tufts University.
PROFESSIONAL EXPERIENCE
- 9/2000 – present TUFTS UNIVERSITY, Medford, MA
Professor of Practice of International Negotiation and Conflict Resolution, Fletcher School of Law and Diplomacy
Senior International Officer and Associate Provost (9/2016 – 8/2023) - 2/23 – present BESA GLOBAL, INC., Calgary, Alberta, Canada
Co-Director, Corruption, Justice and Legitimacy Program, action research program launched at the Fletcher School to improve the effectiveness of anti-corruption in contexts of endemic corruption and conflict. Pioneered the development of systems thinking-based approaches to corruption analysis and programming and social norms change. Lead CJL’s work on intersectional dimensions of social norms influencing corruption and on corruption and peacebuilding. Training and consulting with the U4 Anti-Corruption Resource Centre, CARE International, Transparency International, U.S. Department of State (International Narcotics and Law Enforcement). 9/2002 - 8/2016 CDA-COLLABORATIVE LEARNING PROJECTS, Cambridge, MA
Co-Director, Reflecting on Peace Practice Program, action research program to to improve the impact of peace programming and development and humanitarian assistance on peace and conflict. Provided support to OECD-DAC, USAID, UNDP, UKAid/DFID, and a number of international and local NGOs on peacebuilding strategy and evaluation and conflict analysis. - 9/1989-6/2002 CONFLICT MANAGEMENT GROUP, Cambridge, MA
Worked as facilitator, trainer and consultant negotiation and conflict resolution. Facilitated dialogue and supported peace negotiations and dialogue processes in the Caucasus, South Africa, El Salvador, and Cyprus, as well as with international organizations such as the OSCE and the United Nations.
EDUCATION
- 1999 - Fletcher School, Tufts University, Medford, MA. M.A.L.D.
- 1989 - Harvard Law School, Cambridge, MA, J.D. magna cum laude, 1989. Developments Editor, Harvard International Law Journal, 1987-88.
- 1983 - Yale University, New Haven, CT, B.A. in French, summa cum laude, with distinction, 1983. Montaigne Prize for proficiency in oral and written French.
RECENT FUNDING AND GRANTS
- 4/2023-present An Intersectional Approach to Social Norms that Drive Corruption (John D. and Catherine T. MacArthur Foundation grant/ Besa Global, Inc.)
- 6/2022-present Social Norms and Corruption: Field Guidance (Wellspring Philanthropic Fund/ Besa Global)
- 6/2023-present Gender and Social Norms for Inclusive Service Delivery in Africa (Transparency International Canada/ Besa Global)
- 1/2023-present Anti-Corruption in Fragile and Conflict-Affected States, annual training for anti-corruption, development and peacebuilding professionals (U4 Anti-Corruption Resource Centre)
- 5/2019-1/2022 Social Norm Change to Combat Corruption: Translating Theory into Practice (Wellspring Philanthropic Fund/Fletcher School, Tufts University)
- 9/2016 – 9/ 2018 Bridging the Academic-Policy Gap: Building State Legitimacy-Corruption and State Legitimacy (Carnegie Corporation/Fletcher School, Tufts University)
SELECTED PUBLICATIONS
Books, book chapters and peer-reviewed journals
- “Gender, corruption, and social norms: Findings from a study of the intersections of gender norms and social norms driving corruption in primary healthcare delivery in Nigeria,” with M. Adediran, E. Adams, P. Bukuluki, O. Oni and I. Oritogun. In Williams, S., Kapardis, M. & Kihl, L. Eds. Routledge Handbook of Gender and Corruption (forthcoming).
- “Using Systems Thinking to Understand and Address Corruption in the Criminal Justice System in Fragile States, with C. Scharbatke-Church, in Seabrook, J. (Ed.) Corruption, Social Sciences and the Law: Explorations across the Disciplines. London: Routledge (2019)
- Adding up to Peace: The Cumulative Impacts of Peace Programming, with P. Woodrow. Cambridge, MA: CDA Collaborative Learning Projects (2017).
- “The Harvard Study Group on Cyprus: Contributions to an Unfulfilled Peace Process.” In Lund, M. (Ed.) Across the Lines of Conflict: Facilitating Cooperation to Build Peace. New York: Woodrow Wilson Center International Center for Scholars and Columbia University Press (2015).
- “From Little to Large: When Does Peacebuilding Add Up?” with A. Ernstorfer & H. Vaughan-Lee. Journal of Peacebuilding and Development. Vol. 10, No. 1 (2015).
- “Systems Thinking in Peacebuilding Evaluations: Applications in Ghana, Guinea-Bissau and Kosovo,” with Peter Woodrow, in Andersen, O., Bull, B. & Kennedy-Chouane, M. (Eds.) Evaluation Methodologies for Aid in Conflict. London: Routledge Press (2014).
- “The Role and Effectiveness of Non-Governmental Third Parties in Peacebuilding,” in Fritz, J. (Ed.) Moving Toward a Just Peace: The Mediation Continuum. Dordrecht: Springer (2014).
- “How do our operations interact with the environment?” with D. Bardouille-Crema & B. Miller. In Ganson, B. Management in Complex Environments: Questions for Leaders. Stockholm: International Council of Swedish Industry (2013).
- Negotiating Public Health in a Globalized World: Global Health Diplomacy in Action, with D. Fairman, E. McClintock & N. Drager. Springer Briefs in Public Health. Dordrecht: Springer (2012).
- “Connecting the Dots: Evaluating Whether and How Programmes Address Conflict Systems,” with Peter Woodrow, in Ropers, N. et al. (Eds). The Non-Linearity of Peace Processes: Theory and Practice of Systemic Conflict Transformation. Opladen/Farmington Hills: Barbara Budrich Verlag (2011).
- “Capacities and Limits of NGOs as Conflict Managers,” in Crocker, C., Hampson, F. and Aall, P. (eds.), Leashing the Dogs of War. Washington, D.C.: U.S. Institute of Peace (2007).
- “What Difference Has Peacebuilding Made? A Study of Peacebuilding and the March ’04 Riots in Kosovo,” Prishtine/Pristina, Kosovo: CARE and CDA (2006).
- “Negotiating Intractable Conflicts: the Contribution of Unofficial Intermediaries,” in Crocker, C., Hampson, F. and Aall, P. (eds.), Grasping the Nettle: Analyzing Cases of Intractable Conflict. Washington, D.C.: U.S. Institute of Peace Press (2004).
- “Grand Visions and Small Projects: Coexistence Efforts in Southeastern Europe,” with Brian Ganson, in Chayes, A.H. and Minow, M. Imagine Coexistence. San Francisco: Jossey-Bass (2003).
- “Unofficial Interventions with Official Actors: Parallel Negotiation Training in Violent Intra-state Conflicts,” International Negotiation 2: 409-436 (1997).
- “La Diplomacia Preventiva y la OSCE,” in Ertel, D., ed., Negociación 2000. Santafé de Bogotá: McGraw Hill (1996).
- "Preventive Diplomacy and the OSCE: Creating Incentives for Dialogue and Cooperation," with E. McClintock and C. Kamp, in Chayes and Chayes (Eds.) Preventing Conflict in the Post-Communist World: Mobilizing International and Regional Organizations. Washington, D.C.: Brookings Institution (1996).
Policy and Practitioner Guidance
- “How Anti-Corruption Can Inadvertently Fuel Conflict: 7 Patterns within 3 Pathways,” with Lara Olson, CJL Working Paper. Calgary: Besa Global, March 2024.
- “The Role of Social Norms in Bureaucratic Corruption: A CJL Research-to-Practice Report,” with Jared Miller and Cheyanne Scharbatke-Church. Calgary, Besa Global, May 2024.
- “Understanding Actors: Stakeholder Analysis for Fighting Corruption in Contexts of Endemic Corruption and Conflict,” with Cheyanne Scharbatke-Church and Peter Woodrow, CJL Working Paper. Calgary: Besa Global, January 2024.
- “Understanding the Underlying Values, Norms and Behaviors Constraining the Implementation of Administrative Sanction in the Ugandan Public Service,” with Cheyanne Scharbatke-Church and Teddy Atim. Final Report to SUGAR programme. Medford, MA: Fletcher School, Tufts University, February 7, 2020.
- “Understanding Social Norms: A Reference Guide for Policy and Practice,” with Cheyanne Scharbatke-Church. Medford: Fletcher School, Tufts University, 2019.
- “Strengthening Rule of Law Approaches to Address Organized Crime: Social Norms,” with Phyllis Dininio. Washington, D.C.: USAID and MSI (2019). https://www.msiworldwide.com/wp-content/uploads/2023/10/PA00TXDQ.pdf.
- “Advancing the Sustainable Development Goals by Supporting Peace: How Business Can Contribute,” with A. Ernstorfer, A. Gardaz Cuendet, & L. Tejeda. New York: United Nations Global Compact (2015). https://www.unglobalcompact.org/docs/issues_doc/Peace_and_Business/AdvancingSDGsPeace.pdf.
- Evaluating Impacts of Peacebuilding Interventions: Approaches and methods, challenges and considerations, with M. Church and V. Corlazzoli. CCVRI Guidance Product. London: DFID (2014).
- Monitoring and Evaluating Conflict Sensitivity: Methodological Challenges and Practical Solutions, with R. Goldwyn. London: Department for International Development (2013).
- Theories and Indicators of Change: Concepts and Primers for Conflict Management and Mitigation, with E. Babbitt & R. Wilkinson. Washington, DC: USAID (2013).
LANGUAGES
English (fluent), French (fluent), Greek (fluent), Spanish (limited working proficiency), German (limited proficiency)
CITIZENSHIP
United States and Greece
Engin Soysal
Il a séjourné durant son enfance et son adolescence à Paris, Bruxelles et Beyrouth. Il termine ses études secondaires au Lycée Français Saint Joseph, à Istanbul. Diplômé de la Faculté d’Économie et des Sciences Administratives de l’Université de Marmara, à Istanbul, du Collège d’Europe, à Bruges (Promotion Altieri Spinelli) et de l’École Nationale d’Administration (ENA), à Paris (Cycle International Long, Promotion Saint-Exupéry).
Joint la carrière diplomatique en 1983. Sa carrière alterne classiquement les postes à l’étranger et à Ankara. Il servira ainsi à Téhéran, à la Délégation permanente de la Turquie auprès des Communautés européennes, à Bruxelles ; à l’Ambassade de Turquie à Paris en tant que Premier Secrétaire et Conseiller ; à New York au sein de la Représentation permanente de la Turquie aux Nations Unies.
Il assume le poste de Chef de Cabinet (1997-1999) puis devient le Directeur de Cabinet (2001-2002) du Ministre turc des Affaires étrangères, Ismail CEM.
Il revient aux États-Unis en 2003 comme Premier Conseiller et Ministre-Conseiller et Chef adjoint à l’Ambassade de Turquie à Washington.
Il est promu Ambassadeur de Turquie au Pakistan en début de l’année 2007. Il rentre à Ankara en Juillet 2009 et assume le poste de Sous-Secrétaire d’État Adjoint au ministère des affaires étrangères, responsable du Moyen-Orient, de l’Asie du Sud et de la Planification Politique.
Il est nommé Envoyé Spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’assistance au Pakistan le 27 septembre 2010.
Il devient Ambassadeur, Représentant permanent de la Turquie auprès du Conseil de l’Europe de 2011-2014.
Il assume la position de Sous-Secrétaire du Ministère turc des Affaires européennes de 2014 à 2016.
Il est Représentant permanent de la Turquie auprès de l’OSCE de 2016 à 2021. Durant sa fonction auprès de l’OSCE.
En 2021, il devient membre du Conseil Consultatif de la Politique étrangère. il est nommé coordinateur par le Ministre pour la préparation et la mise en œuvre des différentes activités (publications, conférences, séminaires, podcasts, documentaire) dans le cadre du centenaire de la république et du cinq centenaires de la fondation des structures administratives du ministère des affaires étrangères.
Il prend sa retraite en 2023.
Gérard-François Dumont
Le recteur Gérard-François Dumont est Professeur émérite à Sorbonne Université. Expert auprès du Comité économique et social européen et du Conseil de l’Europe, auparavant Membre de section du Conseil économique et social, Gérard-François Dumont dirige Population & Avenir, la revue des populations et des territoires (https://www.population-et-avenir.com/revue-population-avenir/), une seconde publication, exclusivement numérique, Les analyses de Population & Avenir https://shs.cairn.info/revue-analyses-de-population-et-avenir. Il dirige en outre une collection de livres numériques https://shs.cairn.info/editeur/APA?lang=fr&tab=ouvrages
Gérard-François Dumont est également Vice-Président de l’Académie de géopolitique de Paris et administrateur de la Société de Géographie. Conférencier international, périodiquement sollicité par les médias français et étrangers, auditionné par des assemblées parlementaires, Gérard-François Dumont est l’auteur de plus de 1 000 publications dans une quinzaine de langues. Ses analyses portent sur toutes les échelles, du quartier d’une ville à la planète, en passant par l’échelle des collectivités territoriales, des pays ou des continents. Elles l’ont conduit à installer une nouvelle discipline, la démographie politique dont un axe essentiel est la géopolitique des populations. Parmi sa quarantaine de livres, citons Les migrations internationales (Sedes), Les racines de l’identité européenne (Economica), Démographie politique. Les lois de la géopolitique des populations (Ellipses), Géopolitique de l’Europe (PUF), Populations, peuplement et territoires en France (Armand Colin) et Géographie des populations, Concepts, dynamiques, prospectives (Armand Colin).
Katerina Sakellaropoulou
Katerina Sakellaropoulou est née à Thessalonique en 1956.
Elle est diplômée du lycée Arsakeio et de la Faculté de droit de l’Université d’Athènes.
En 1982, elle a été admise, à la suite d’un concours, au Conseil d’État. En 2018, elle a été nommée première femme Présidente de la Cour, poste qu’elle a occupée jusqu’en février 2020.
En 2020, elle a été élue par le Parlement hellénique première femme Présidente de la République hellénique. Son mandat s’est achevé en mars 2025.
En novembre 2025, elle a assumé les fonctions de Présidente du Festival d’Athènes et d’Épidaure.
Elle a été nommée docteure honoris causa de l’Université Aristote de Thessalonique, de l’Université Ionienne, de l’Université d’Athènes, de l’Université Démocrite de Thrace, de l’Université de Crète et de l’Université de Chypre.
Elle a publié une série d’articles portant principalement sur le droit de l’environnement et de l’aménagement du territoire, l’égalité des sexes, la protection des libertés individuelles, l’indépendance de la justice et la consolidation de l’État de droit.
Mario Pezzini
Mr Mario Pezzini is Distinguished Fellow of the Center of Development in Jindal University. He is also member of A New Road Think thank (Working with and on Africa) and of the scientific Committee of Europe in Discourse. He is the Former Director of the OECD Development Centre and Former Special Advisor to the OECD Secretary General on Development. Before joining the Development Centre in 2010, Mann Pezzini held several senior management positions in the OECD, where he has been working since 1995 and developed the OECD work on Regional, Urban, Rural Development. Prior to joining the OECD, Mr. Pezzini was Professor in Industrial Economics at the Ecole Nationale Superieure des Mines de Paris as well as in US and Italian Universities.
Also, Mr. Pezzini served as an Advisor in the field of economic development, industrial organisation and regional economics in international organisations and think tanks (e.g. ILO, UNIDO, European Commission and Nomisma in Italy).
Mr. Pezzini started his career in the Government office of the Emilia-Romagna Region.
Michel Bruneau
Michel Bruneau, Directeur de Recherche émérite au CNRS, a enseigné à l’université de Chiang Mai où il a effectué sa thèse de doctorat sur le Nord de la Thaïlande. Il a ensuite élargi ses recherches à l’ensemble de la Thaïlande puis à l’Asie du Sud-Est, passant d’une géographie tropicale à une géographie critique puis à une géo-histoire.
Il a publié L’Asie d’entre Inde et Chine : logiques territoriales des États, Paris: Belin, 2005. Il a ensuite travaillé à une approche pluridisciplinaire des diasporas et des espaces transnationaux à partir de la diaspora des Grecs pontiques et de comparaisons avec les diaspora arménienne, kurde… Il a publié Diasporas et espaces transnationaux, Paris : Economica, 2004.
Ses recherches l’ont amené à travailler sur des terrains éloignés de l’Asie du Sud-Est à l’Asie Mineure, au Caucase et à la Grèce. Privilégiant la proximité linguistique et des relations amicales au sein des populations étudiées, il a constamment associé enquêtes, observations de terrain et conceptualisations, qu’elles soient empruntées à des géographes, historiens et anthropologues ou inventées. Il a donc pu en fin de carrière publier L’Eurasie : continent, empire, idéologie ou projet, Paris : CNRS-éditions, 2018, et Peuples-mondes de la longue durée : Chinois, Indiens, Iraniens, Grecs, Juifs, Arméniens, Paris : CNRS-éditions Biblis, 2024. Il a publié de nombreux articles dans la revue l’Espace géographique et œuvré au sein de son comité de rédaction.
Muriel Pénicaud
Muriel Pénicaud is a former minister, director of international companies, speaker, author and photographer. She has spearheaded a number of innovations linking economic and social issues. As Executive Vice President of the Danone group (2008-2014), she set up Dan'Cares, the first global corporate health coverage for employees. From 2017 to 2020, she was French Minister for Labour, spearheading reforms to the labour code, apprenticeship, gender equality index ,and personal training account. She introduced partial activity to protect jobs during COVID, and negotiated the first G7 agreement with global social partners on access to healthcare. Twice French ambassador, as CEO of Business France (2014-2017), and Representative of France to the OECD (2020-2022), her impact is international.
She is a member of the boards of directors of Manpower Group, Galileo Global Education and NexPublica, and Senior Advisor at Bain Capital. She is the founder and president of the Sakura Fund which supports committed emerging artists. Photographer and lecturer, she travels the world sharing her convictions and her photographs. Her latest books include ‘Engagée’ (essay, Humensis, 2023), ‘Matrix of Worlds’ (photographic monograph, Skira, 2024), and ‘Travailler Demain’ (graphic novel, Glénat, 2025).
Andréas Andrianópoulos
Andréas Andrianópoulos est né au Pirée. Il a étudié les sciences politiques à Athènes, ainsi que la politique comparée, le développement et les relations internationales aux universités de Kent et de Cambridge en Angleterre, et à l’Université d’Oslo en Norvège. Il est diplômé du programme spécialisé en leadership et management de la Kennedy School de l’Université Harvard et est également titulaire de deux doctorats honoris causa.
Il a été élu à sept reprises député du Pirée et des Îles et a exercé les fonctions de ministre et de vice-ministre dans six gouvernements de la Nouvelle Démocratie, tandis qu’en 1986 il a également été élu maire du Pirée. Parmi ses fonctions, il a notamment été vice-ministre des Affaires étrangères, ministre de la Culture et des Sciences, ainsi que ministre de l’Industrie, de l’Énergie, de la Technologie et du Commerce.
Le 17 novembre 1994, il a démissionné de son mandat parlementaire, se retirant parallèlement de la vie politique active. Lors des élections législatives de mars 2004, il a été élu pour la huitième fois au Parlement hellénique (liste d’État), en collaboration avec le PASOK. Ses articles sont publiés dans des journaux et revues grecs, et ses analyses ont été présentées dans des publications internationales de renom telles que le Wall Street Journal, le Financial Times, Transition, Links, entre autres. Il est également auteur d’ouvrages publiés en Grèce et à l’étranger.
En novembre 2003, il a été nommé titulaire de la chaire de politique publique « Elefthérios Venizélos » à l’American College of Greece.
Plus récemment, il a dirigé une équipe d’experts internationaux conseillant le gouvernement de la Fédération de Russie sur des questions de concurrence et de libéralisation des marchés. Il a également été nommé pour la seconde fois fellow du Woodrow Wilson Center à Washington, avec pour domaine de recherche la diplomatie énergétique de la Fédération de Russie.
Il est actuellement directeur de l’Institut de diplomatie et des affaires internationales de l’American College of Greece (Deree College), basé à Pláka, et coordinateur du programme de master en leadership du même établissement. Par ailleurs, il enseigne les campagnes de communication efficace et l’analyse des risques à l’Université de Kaliningrad (anciennement Königsberg) en Fédération de Russie.
Asteris Houliaras
Asteris Houliaras est professeur de politique comparée et de relations internationales au Département de science politique et de relations internationales de l’Université du Péloponnèse. Il est titulaire d’une Chaire européenne Jean Monnet consacrée aux relations entre l’Union européenne et les pays les moins avancés.
Ses intérêts de recherche portent sur les relations Nord global–Sud global, l’analyse de la politique étrangère et la société civile. Ses articles ont été publiés dans des revues scientifiques internationales telles que African Affairs, Asia-Europe Journal, Cambridge Review of International Affairs, Commonwealth and Comparative Politics, Conflict, Security and Development, European Foreign Affairs Review, Geopolitics, Global Society, The Hague Journal of Diplomacy, International Journal, The Journal of Celebrity Studies, The Journal of Common Market Studies, The Journal of Contemporary African Studies, The Journal of International Development, The Journal of Modern African Studies, The Journal of North African Studies, The Journal of Southern Europe and the Balkans, The Journal of Southeast Europe and Black Sea Studies, Middle East Policy, Orbis, The Round Table, The South African Journal of International Affairs, Southeastern Europe, Survival, Voluntas: International Journal of Voluntary and Nonprofit Organizations, The World Today, entre autres.
Son œuvre comprend notamment les ouvrages La Chine et les autres (dir., 2013), L’Afrique et les autres (2016), L’Inde et les autres (dir., 2021) et Combattre la pauvreté dans le Sud global : une introduction à l’aide internationale au développement (2023).
Domaine d’enseignement : Politique comparée et relations internationales [3723/16-02-2011]
Domaines de recherche: Relations Nord global–Sud global, analyse de la politique étrangère, société civile.
Dimitris Avramopoulos
Dimitris Avramopoulos est député du Parlement hellénique et ancien commissaire européen chargé de la Migration, des Affaires intérieures et de la Citoyenneté (2014–2019). Il a exercé les fonctions de ministre de la Défense nationale (à deux reprises), de ministre des Affaires étrangères, de ministre de la Santé et de la Solidarité sociale, de ministre du Développement touristique, ainsi que de maire d’Athènes pendant deux mandats consécutifs. Il a été élu député à plusieurs reprises avec le parti Nouvelle Démocratie (1993, 2004, 2007, 2009, 2012 et 2023).
Πριν την ενασχόληση του με την ενεργό πολιτική, υπηρέτησε στο Διπλωματικό Σώμα (1980–1993) ως Ειδικός Διπλωματικός Σύμβουλος και Διευθυντής Διπλωματικού Γραφείου του Προέδρου της Νέας Δημοκρατίας και Πρωθυπουργού Κωνσταντίνου Μητσοτάκη, εκπρόσωπος του Υπουργείου Εξωτερικών, και Πρόξενος της Ελλάδος στη Λιέγη (Βέλγιο) και στη Γενεύη (Ελβετία).
Σπούδασε Δημόσιο Δίκαιο και Πολιτικές Επιστήμες στη Νομική Σχολή του Πανεπιστημίου Αθηνών και πραγματοποίησε μεταπτυχιακές σπουδές στο Ινστιτούτο Ευρωπαϊκών Σπουδών του ULB (Université libre de Bruxelles). Είναι επίτιμος διδάκτορας των Πανεπιστημίων Adelphi (Νέα Υόρκη), Drexel (Φιλαδέλφεια), Kingston (Λονδίνο) και Deree (Αθήνα), και επίτιμος Καθηγητής-Σύμβουλος της Σχολής Διεθνών Σπουδών του Πανεπιστημίου Πεκίνου, της Κρατικής Ακαδημίας Τεχνολογικών Επιστημών της Μόσχας και του Ευρωπαϊκού Κολλεγίου της Πάρμας.
Γεννήθηκε στην Αθήνα το 1953 και κατάγεται από την Αρκαδία και την Ηλεία. Υπηρέτησε στην Ελληνική Πολεμική Αεροπορία (1978–1980), στην Αθήνα και στη Μόνιμη Ελληνική Αντιπροσωπεία στο ΝΑΤΟ στις Βρυξέλλες. Είναι πατέρας δύο γιων, του Φίλιππου και του Ιάσονα, και ομιλεί Αγγλικά, Γαλλικά και Ιταλικά.
Evángelos Syrígos
Evángelos (Ángelos) Syrígos est professeur de droit international et de politique étrangère à l’Université Panteion.
Il est né à Athènes en 1966. Il est diplômé des facultés de droit de l’Université d’Athènes et de l’Université de Bristol en Angleterre, où il a obtenu son doctorat en droit en 1994.
Il a travaillé à l’Université de Cambridge (1993-1994), en tant que collaborateur scientifique du Conseil de l’Europe pour la révision de la législation au Monténégro et en Azerbaïdjan (2001-2003), ainsi que comme avocat au barreau d’Athènes.
Il a été vice-ministre de l’Éducation et des Cultes, chargé de l’enseignement supérieur, de janvier 2021 à mai 2024. Il a également occupé les fonctions de secrétaire général à la Population et à la Cohésion sociale au ministère de l’Intérieur (août 2012 - avril 2015) et de secrétaire spécial à l’Éducation interculturelle au ministère de l’Éducation nationale et des Cultes (octobre 2007 - janvier 2009). Il a en outre exercé des fonctions à responsabilité dans les domaines de la politique étrangère, des minorités, de la transparence et des télécommunications.
Il a été récompensé en 1992 par l’Académie d’Athènes pour un travail relatif à la délimitation du plateau continental. Durant son service militaire, il a reçu une lettre de félicitations du IVe Corps d’Armée en Thrace pour ses services en faveur de la minorité de Thrace, ainsi qu’une mention élogieuse de l’État-major de l’Armée pour sa contribution à la création d’un dictionnaire pomak-grec.
Il a écrit de nombreux articles sur le droit international et la politique étrangère et a publié huit ouvrages:
- en 1998, The status of the Aegean Sea according to international law, éditions Sakkoulas/Bruylant
- en 2006, Le plan Annan : héritages du passé et perspectives d’avenir, éditions Patakis
- en 2015, Relations gréco-turques, éditions Patakis
- en 2019, La question macédonienne et l’accord de Prespa, éditions Patakis, avec le professeur Evanthis Chatzivassiliou
- en 2020, Revendications turques en mer Égée et en Méditerranée orientale – 60 cartes expliquant les différends gréco-turcs, publié en version enrichie et traduite sous le titre Atlas of Greek–Turkish relations with 63 maps, éditions Kathimerini, avec Thanos Dokos, conseiller à la sécurité nationale
- en 2022, Cinquante questions et réponses sur la catastrophe d’Asie Mineure, éditions Patakis, avec le professeur Evanthis Chatzivassiliou
- en 2023, Le traité de Lausanne – 100 ans après, éditions Kathimerini, avec le professeur émérite Antonis Klapsis
- en 2024, Cinquante questions et réponses sur la période de la Metapolitefsi 1974-1975, éditions Patakis, avec le professeur Evanthis Chatzivassiliou
Il a été élu pour la première fois député dans la première circonscription d’Athènes avec la Nouvelle Démocratie le 7 juillet 2019. Il a été réélu député dans la même circonscription lors des élections du 21 mai et du 25 juin 2023.
Il est marié à Irène Stamatoudi, professeure de droit à l’Université de Nicosie, et ils ont trois enfants.
Evánthis Chatzivassiliou
Evánthis Chatzivassiliou est diplômé de la Faculté de droit de l’Université Aristote de Thessalonique (AUTH) en 1987. Il a ensuite obtenu un master ainsi qu’un doctorat en histoire des relations internationales à la London School of Economics, respectivement en 1989 et en 1992.
Il est aujourd’hui professeur d’histoire du monde d’après-guerre au Département d’histoire et d’archéologie de l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes (EKPA), et secrétaire général de la Fondation du Parlement hellénique pour le parlementarisme et la démocratie. Il est également membre de la Fondation Elefthérios K. Venizélos (La Canée) et responsable de la page historique de l’édition dominicale du journal Kathimerini.
Parmi ses publications figurent : Greece and the Cold War: Frontline State, 1952–1967 (Londres : Routledge, 2006) ; Le libéralisme grec : le courant radical, 1932–1979 (Athènes : Patakis, 2009) ; NATO and Western Perceptions of the Soviet Bloc: Alliance Analysis and Reporting, 1951–1969 (Londres : Routledge, 2014) ; The NATO Committee on the Challenges of Modern Society, 1969–1975: Transatlantic Relations, the Cold War and the Environment (Basingstoke : Palgrave Macmillan, 2017) ; ainsi que la codirection (avec Maria Gavouneli et Tsakonas) de The Treaty of Lausanne: Looking Back, Looking Ahead (Basingstoke : Palgrave Macmillan, 2025).
Yiannis Valinakis
Né à Athènes, il a étudié le droit et la science politique aux Universités d’Athènes et de Heidelberg, respectivement. Il s’est spécialisé dans les relations internationales et la stratégie (DEA en politique internationale, DEA en politique de défense, DEA en histoire des relations internationales) à l’Université de la Sorbonne, où il a également obtenu, en 1981, son doctorat en politique internationale avec la mention très honorable.
Il a travaillé comme chercheur à l’Institute for East-West Security Studies, à l’Institut d’Études Européennes, ainsi que dans d’autres centres de recherche grecs et étrangers. Il a occupé les fonctions de collaborateur scientifique, de conseiller spécial (1983-1986) et de membre du Comité de planification (1990-1993) au ministère des Affaires étrangères.
De 1992 à 2011, il a été professeur de relations internationales au Département de science politique et d’administration publique de l’Université d’Athènes. Il est titulaire de la Chaire Jean Monnet en politique et diplomatie européennes et dirige le programme du Centre européen Jean Monnet de l’Université d’Athènes.
Konstantinos Filis
Professeur associé & Directeur, ACG Institute of Global Affairs, Collège américain d’Athènes
Le Dr Konstantinos Filis est spécialiste des questions relatives à la Russie et à l’ex-Union soviétique, ainsi qu’analyste stratégique de la politique étrangère grecque dans les régions de la mer Noire, du Caucase et de l’Asie centrale. Il est titulaire d’une licence en sciences politiques et en histoire, d’un master en gouvernance mondiale et d’un doctorat consacré à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique étrangère, avec un accent particulier sur la politique russe durant la première période de Vladimir Poutine (2000-2004).
Il a été directeur des affaires russes à l’Institut des relations internationales (IDIS) de l’Université Panteion et, en novembre 2004, il a été nommé responsable du Centre Russie et Eurasie de l’IDIS, rebaptisé en septembre 2008 Centre Russie, Eurasie et Europe du Sud-Est.
Il a été élu Senior Associate Member (SAM) au St Antony’s College de l’Université d’Oxford (2007-2009) et a également été membre du Conseil international de l’Institut de recherche sur les études européennes et américaines. Par la suite, il a occupé un poste de chercheur au Centre d’études de l’Europe du Sud-Est (SEESOX) de l’Université d’Oxford (2008-2010). Durant cette période, il a mené un cycle d’analyses et de conférences, axé sur le rôle de la Russie en Europe du Sud-Est ainsi que sur les enjeux de la géopolitique de l’énergie. Parallèlement, il a été nommé directeur scientifique à l’Institut d’études stratégiques et de développement (2009-2010).
En juillet 2012, il a été nommé par le conseil d’administration de l’IDIS directeur des programmes de recherche de l’Institut des relations internationales de l’Université Panteion. Il a été responsable du programme Jean Monnet sur la politique étrangère de l’Union européenne (2013-2014), directeur de l’équipe de gestion de projet du ministère de l’Énergie, avec un accent sur la diplomatie énergétique (2013-2015), ainsi que membre d’un groupe de travail du KEMEA chargé de l’analyse des risques de radicalisation pour la sécurité nationale.
Il a collaboré avec des organismes publics et privés ainsi qu’avec des entreprises multinationales.
Il est conférencier à l’École de commandement de l’état-major de la Marine grecque, enseigne dans des programmes de master universitaires et est membre du Forum gréco-turc ainsi que de l’Association gréco-russe.
Il est l’auteur de nombreuses publications scientifiques et a donné un grand nombre de conférences à l’étranger, notamment dans les universités de Harvard, Oxford et la London School of Economics, tout en intervenant régulièrement dans le débat public, en Grèce comme à l’international.
Kostas Yfantis
Kostas Yfantis est professeur de relations internationales à l’Université Panteion. Il a enseigné aux universités de Bradford, Portsmouth et à l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes (EKPA). Il a également été chercheur invité aux universités du Michigan, Ann Arbor (USIA Visiting Scholar, 1998), de Harvard (Fulbright Visiting Scholar, 2002), à la London School of Economics (Senior Research Fellow, 2009), ainsi que professeur invité à l’Université de Séoul (2016). De 2012 à 2020, il a été professeur invité à l’Université Kadir Has d’Istanbul.
Ses travaux ont été publiés dans des ouvrages collectifs et des revues scientifiques telles que Democratization, Turkish Studies, Southeast European and Black Sea Studies, Perceptions, International Journal, International Relations, UNISCI Journal on International Relations and Security, Journal of Southern Europe and the Balkans, Global Review, entre autres.
Parmi ses ouvrages figurent:
- Greece in a Changing Europe, (co-ed., Manchester University Press, 1996);
- NATO in the New European Order, (Macmillan, 1996);
- Theory and Reform in the European Union, (Manchester University Press, 2002);
- and NATO and the New Security Paradigm, (Frank Cass 2002);
- Turkish-Greek Relations: The Security Dilemma in the Aegean, (co-ed., Routledge, 2004);
- International Security Today (co-ed., SAM, 2006);
- Multilateralism and Security Institutions in an Era of Globalization, (co-ed., Routledge, 2009);
- Turkey’s road to European Union membership: national identity and political change,(co-ed., Routledge, 2009).
- International Political Theory: The charm of realist discourse (in Greek, 2012);
- Is Europe Afraid of Europe? (ed., Wilfrid Martens Center, 2014);
- The Syrian Imbroglio: International and Regional Strategies (co-ed., The Robert Schuman Centre for Advanced Studies, European University Institute, 2017),
- “Deciphering the Greek Crisis: Issues, Failures, Challenges” (guest co-ed, Special Issue in International Relations/Uluslararasi Iliskiler, Vol 15, No 58, 2018)
Stelios Perrakis
Stelios Perrakis is Professor Emeritus of International and European Institutions at Panteion University, where he has served as Deputy Rector of International Relations and European Programmes (2013-2015).
Professor of International Law and Dean, Law School at the Neapolis University of Pafos, Cyprus (September 2020-August 2022).
He has taught International and European Law at the Law School of the Democritus University of Thrace (1978-1993), at the University of Macedonia, and at the Department of International, European, and Area Studies of Panteion University (1994-2015).
Former Ambassador – Permanent Representative of Greece to the Council of Europe (2015-2019).
Coordinator of the Hellenic MFA Task Force of the Greek Chairmanship to the Council of Europe Committee of Ministers (May-November 2020).
President of the Hellenic Society of International Law and International Relations.
Secretary General for European Affairs of the Hellenic MFA (February 1996-May 2000).
Founder and Director of the European Center for the Training on and Dissemination of Human Rights and Humanitarian Law at Panteion University (2005-2019).
Holder of a Jean Monnet Chair ad personam “Democracy and Human Rights in the EU” and of the UNESCO Chair “Democracy, Peace and Human Rights”.
Visiting Professor and Lecturer at Universities and other academic institutions abroad, as well as at the Higher Military Academies, of the Hellenic Police, and the Diplomatic Academy of the Hellenic MFA.
Special Course (Cours Spécial) at the Academy of International Law in The Hague (2017); La protection internationale au profit des personnes vulnérables en droit international des droits de l’homme. Published in Recueil des Cours de l’Académie de Droit International de la Haye, Tome 420, Boston, Leiden, Brill|Niijhoff Publications, in 2021.
Delegate and Representative of Greece in International Organizations and Conferences (UN, EU et al.) and Agent in various cases before the CJEC/CJEU as well as the International Court of Justice (Jurisdictional Immunities of the State, Germany v. Italy, Greece intervening, 2011).
Member of several International Organs and Institutions, such as the European Commission against Racism and Intolerance (ECRI) of the Council of Europe (2003-2015), International Humanitarian Fact-Finding Commission (2002-2021), Commission of Inquiry on Lebanon of the UN Human Rights Council (September-November 2006), Administrative Board EU Fundamental Rights Agency (2012-2015).
Ad hoc Judge of the European Court of Human Rights and Arbitrator of the OSCE Court of Conciliation and Arbitration.
Former Member of the Scientific Council of the Hellenic MFA.
Yearly, he organises the International Law Conference in Nafplion, Greece (2004-present).
Author and editor of 350 publications (books, articles, comments etc.) on International Law, European Law, Human Rights, Humanitarian Law, International Organizations and Hellenic Foreign Policy, published in Greece and abroad.
Director of the Cahiers de Droit International et de Politique Internationale, the first electronic journal in the field of International Law and International Relations.
Stephanos Geroulanos
Stephanos Ioannou Geroulanos est né à Athènes. Il a étudié la médecine à Zurich, à Paris et à Vienne. Il a ensuite travaillé à l’Hôpital universitaire de Zurich. Il a été élu Privat-docent en chirurgie en 1982, puis professeur en 1988. Il a occupé les fonctions de directeur de l’Unité de soins intensifs chirurgicaux (1977–1993), de directeur de l’École d’infirmiers de bloc opératoire de l’Université de Zurich (1991–1995), de premier directeur du Service médical du Centre de chirurgie cardiaque Onassis (1993–1997) et de directeur de l’Unité de soins intensifs (1993–2010).
En 1997, il a été élu professeur d’histoire de la médecine à l’Université de Ioannina (1997–2005), où il a créé le premier Musée d’histoire de la médecine en Grèce, comptant plus de 20 000 pièces.
En 2005, il a été élu président de la Fondation internationale hippocratique, où il a créé le Jardin d’Hippocrate, comprenant 220 espèces de plantes parmi les 247 mentionnées dans le Corpus hippocratique, ainsi qu’un musée/exposition consacrés à la médecine hippocratique. Il est président d’honneur du Mouvement des citoyens pour une société ouverte.
Il est également :
– Titulaire de la chaire de médecine à l’Académie internationale des lettres et des arts, Cambridge (MA).
– Membre associé de l’Académie d’histoire des sciences, Bruxelles.
– Président d’honneur de la Société hellénique d’histoire de la médecine.
– Membre de l’Académie ionienne (1808).
Stratos Dordanas
Stratos Dordanas est professeur associé d’histoire au Département d’histoire et d’archéologie de l’Université Aristote de Thessalonique. Il se spécialise en histoire politico-diplomatique et sociale, ainsi que dans l’étude des conflits armés et des guerres civiles, avec une attention particulière portée aux deux guerres mondiales.
Il est l’auteur, notamment, des ouvrages suivants:
– Des Grecs contre des Grecs. L’univers des Bataillons de sécurité dans la Thessalonique occupée, 1941-1944(Thessalonique : Epikentro, 2006).
– Le sang des innocents. Représailles des autorités d’occupation allemandes en Macédoine, 1941-1944 (Athènes : Estia, 2007).
– L’uniforme allemand dans la naphtaline. Survivances du collaborationnisme en Macédoine, 1945-1974 (Athènes : Estia, 2011).
– Les achetés. La propagande allemande en Grèce pendant la Première Guerre mondiale (Athènes : Alexandria, 2021).
En collaboration avec d’autres auteurs (à titre indicatif):
– Strátos N. Dordanás – Váïos Kalogriás, Les vies des autres. La Stasi et les réfugiés politiques grecs en Allemagne de l’Est (1949-1989), Epikentro, Thessalonique, 2020.
Takis Pikrammenos
Panagiotis (Takis) Pikrammenos, né à Athènes, est un éminent juriste et haut magistrat grec. Il a étudié le droit à l’Université d’Athènes et a poursuivi des études de troisième cycle à Paris.
Il a intégré le Conseil d’État grec (Symvoulio tis Epikrateias) en 1976 et il a occupé des fonctions importantes tout au long de sa carrière, jusqu’à être nommé Président de cette haute juridiction en 2012. En tant que magistrat, il a contribué de manière significative au développement de la jurisprudence administrative en Grèce.
En mai 2012, dans un contexte d’instabilité politique, il a été nommé Premier ministre par intérim de la Grèce, avec pour mission principale d’organiser des élections nationales. Après cette période, il a poursuivi sa présence dans la vie publique et a ensuite exercé les fonctions de Vice-Premier ministre de 2019 à 2023.
Il est reconnu pour son intégrité, son autorité morale et sa longue contribution à la justice et à la vie publique grecque.
Manos Karagiánnis
Manos Karagiánnis est professeur de relations internationales au Département des études balkaniques, slaves et orientales de l’Université de Macédoine, et Reader (professeur associé) en sécurité internationale au King’s College London.
Il a étudié les études européennes au London South Bank University, est titulaire d’un master en sécurité internationale de l’Université de Reading et d’un doctorat en science politique de l’Université de Hull, ainsi que d’un second doctorat du King’s College London portant sur l’islam politique.
Il a été chercheur postdoctoral à l’Université de Pennsylvanie et a occupé des postes de chercheur invité ou de professeur dans des institutions prestigieuses telles qu’Oxford, la London School of Economics, Princeton et Yale.
Ses travaux portent principalement sur l’islam politique, le terrorisme, les nouvelles formes de guerre ainsi que la sécurité internationale et régionale, avec un intérêt particulier pour la mer Noire et la Méditerranée orientale.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles scientifiques, collabore avec des centres de recherche internationaux et enseigne également dans des académies militaires et de police en Grèce.
Ioannis Golias
Gouverneur de la Fondation Eugenides.
Il a été Recteur de l’Université Technique Nationale d’Athènes (NTUA), Ministre intérimaire des Infrastructures et des Transports, Ministre intérimaire de la Reconstruction Productive, de l’Environnement et de l’Énergie, Secrétaire Général du Ministère des Transports, Doyen de l’École de génie civil de la NTUA, président de l’Organisation des transports d’Athènes, membre du conseil d’administration de la Société d’unification des sites archéologiques d’Athènes, vice-président de la Société de développement de la municipalité d’Athènes, représentant national dans l’élaboration des programmes-cadres de recherche de l’UE, président de l’Institut Hellénique des ingénieurs des transports, et membre du Conseil Grec des transports.
Il a participé à de nombreuses études de transport et de faisabilité et a été coordinateur scientifique de nombreux programmes de recherche Grecs et Européens. Il a également développé des activités importantes dans les domaines de l’enseignement maritime et des compétences techniques pour les technologies émergentes et l’économie bleue, présentées lors de diverses conférences et publications. Il a publié plus de 250 articles dans des revues scientifiques et des conférences, avec plus de 9 000 citations.
Leonidas Dimitriadis-Evgenidis
Leonidas Dimitriadis-Evgenidis est né à Athènes, en Grèce, en 1958. Il a étudié l’économie à l’Université d’Athènes et a obtenu un diplôme de master (M.Sc.) en économie des transports au PCL à Londres.
En 1976, M. Dimitriadis-Evgenidis a rejoint le Groupe Eugenides. Il a été nommé Président-directeur général du Groupe en 1995 et Président de la Fondation Eugenides en 2000.
Il a été élu pour la première fois membre du Conseil d’administration de l’Union des armateurs grecs en 1996. Il a exercé les fonctions de Secrétaire général de février 2000 à février 2003 et de Trésorier de février 2003 à février 2012. Il a également représenté l’Union des armateurs grecs à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Il est membre du Chartered Institute of Transport (M.C.I.T.) ainsi que de l’Institute of Chartered Shipbrokers.
De mars 2013 à décembre 2013, il a été membre du Comité de surveillance de la Bibliothèque nationale de Grèce.
L’Académie d’Athènes lui a décerné une distinction en décembre 2015.
En mai 2018, il a été nommé Ambassadeur maritime de bonne volonté de l’Organisation maritime internationale (OMI) représentant la Grèce.
En juin 2018, il a reçu le titre de Docteur honoris causa du Département des études maritimes de l’Université du Pirée.
En 2023, il a été décoré de l’Ordre du Lion de Finlande par le gouvernement finlandais, une distinction honorifique décernée en reconnaissance de son action philanthropique et de sa contribution à l’État finlandais
Georges Prevelakis
Professeur émérite de Géopolitique à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), chercheur au CNRS (UMR Géographie-cités) et Distinguished Visiting Professor, Hellenic American University.
Archôn Didaskalos tou Genous du Patriarcat Œcuménique.
Architecte-ingénieur et géographe, après une expérience professionnelle dans la planification urbaine en Grèce, il s'est installé en France en 1984. Il a enseigné au Département de Géographie de l'Université Paris - Sorbonne (Paris IV), et en 2000, il a été élu professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1).
Il a été titulaire de la chaire "Constantin Karamanlis" en études helléniques et européennes à la Fletcher School de l’Université Tufts (2003 - 2005). Enfin, il a été Représentant Permanent de la Grèce (Ambassadeur) auprès de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) durant les périodes 2013 - 2015 et 2019 - 2023.
Depuis la fin de la guerre froide, ses centres d’intérêt se sont orientés vers la géopolitique. La crise économique grecque l’a conduit à en rechercher les causes profondes dans les conditions géopolitiques de formation de l’État néo-hellénique.
Ses réflexions, idées et expériences sont développées dans ses ouvrages (en grec): Qui sommes-nous ? Géopolitique de l’identité grecque, Economia Publishing, Athènes, 2016 ; Les Murailles de bois. Géopolitique des réseaux grecs, Economia Publishing, Athènes, 2020 ; À l’époque des crises (dir.), Nea Estia, n°1891, juin 2022. Son dernier livre s’intitule À l’OCDE. Théorie géopolitique et pratique diplomatique, Economia Publishing, Athènes, 2024.
Michel Foucher
Géographe, diplomate et essayiste. Il a été professeur à l’Université Lumière Lyon II, à l’École Normale Supérieure (Paris) et au Collège d’Europe de Natolin (Pologne).
Il a servi comme conseiller du Ministre des affaires étrangères (1997 - 2002), Directeur du Centre d’analyse et de prévision (1999 - 2002), Ambassadeur de France dans les pays Baltes (Lettonie, 2002 - 2006), Ambassadeur en mission sur les questions européennes (2006 - 2007).
Il a été Directeur des études et de la recherche à l’Institut des hautes études de défense nationale (2009 - 2013) et a occupé la chaire de géopolitique appliquée au Collège d’études mondiales (Fondation de la maison des sciences de l’homme, 2013 - 2020).
Il est depuis 2010 membre du comité d’orientation du Cycle des hautes études européennes (Institut national du service public, ex-École Nationale d’Administration), depuis 2014 directeur du Programme Paix et Sécurité au Centre Parlementaire de l’Asie (PCAsia, Phnom Penh, Cambodge) et, depuis 2024, membre du conseil d’orientation de l’Institut des droits fondamentaux numériques (IDFRights.org, Paris) et conseiller senior pour les études du MEDEF (Mouvement des entreprises de France).
Parmi ces recents ouvrages sont: Frontières, une illusion ? (Avec Dominique Bourg et Astrid von Busekist, Philosophie Magazine éditeur, 2024), Conseiller le Prince, à la lumière de la géographie politique (L’Aube, 2023), Ukraine, une guerre coloniale en Europe (L’Aube, septembre 2022), Arpenter le monde, Mémoires d’un géographe politique (Laffont, 2021)
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